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Les Femmes s’en Mêlent : version 2.0

Au mois de février, la Galerie Les Filles du Calvaire retraçait l’histoire du Festival Les Femmes s’en Mêlent en rappelant les compositrices majeures du la musique provocatrice de la deuxième moitié du 20e Siècle. Sur le parcours endiablé du rock et du punk, des photos et chansons montrent Patti Smith l’androgyne, Debbie Harry la femme dominante ou Kate Bush l’indomptable ; illustrées de mots réfléchis de Virginie Despentes et Maylis de Kerangal. A l’occasion de la vingtième édition du festival, Alias emmène des artistes internationales en tournée francophone.

Soutenu par le Trabendo, la Gaîté Lyrique, Sourdoreille, Tsugi, Les Inrockuptibles et même agnès b. , le festival privilégie la promotion et la mise en avant des femmes en matière de composition musicale. Etant donné le chemin entrepris par M.I.A. dans l’industrie du disque et la célébration de Christine & The Queens par Vanity Fair en 2016, la génération est en bonne voie pour défaire les cadenas du patriarcat et déjouer le suprématisme des clichés de genre.

« Some people think little girls should be seen and not be heard, but I think : Oh Bondage up Yours » Poly Styrene (Xray Spex)
« Typical girls don’t create, don’t rebel. Who invented the typical girl ? » Ari up (The Slits)

Défaire les principes du genre et se jouer de leur utilité pour mieux revendiquer les droits LGBTQ par ailleurs sacralisés en 2012 avec la loi du Mariage pour Tou.te.s (merci Christiane Taubira). L’épisode 2017 prolonge l’odyssée de la conquête de l’industrie par les amazones. L’art devance autant qu’il évaste le domaine politique et social de la vie en communauté.

Un heureux écho ainsi qu’un élan vital en ce qui concerne la position et le sort réservé aux femmes dans le monde de l’art, comme partout ailleurs. L’identité graphique claquante sert de présage aux personnalités hors norme de ces femmes ambitieuses ayant atteint des sommets.
Du 27 au 29 mars 2017, Le Divan du Monde – Madame Arthur reçoit le plus grand nombre d’artistes. Quelle surprise nous réserve le repaire des travestis ? Le 29 c’est aussi la mise à l’honneur de Helen Marnie au Batofar. L’aventure musicale se poursuit à la Gaîté Lyrique pour un trio d’artistes marqué par la présence de Sônge. Le Trianon ouvre la soirée de clôture avec Austra aux airs de Bjork qui présentera l’album percutant Future Politics. Une soirée qui s’achèvera au Trabendo pour les plus éveillées, sur l’énergie envolée de notes sauvages et fécondes comme Barbi(e)turix, Rebeka Warrior et Nova Twins en partagent les ingrédients. Corine s’occupera de réveiller l’amour de la disco et des paillettes qui sommeille doucement en nous.

« The sensation I remember the most is that there was so much positivity, so much feeling in the room, it was almost overwhelming. » Emma – Electrelane (LFSM#10 – 2007)