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Report Nataraja Psychedelic Gathering

Le temps ne présageait rien de bon pour ce maussade week-end de juin ; terrain initial englouti sous les flots, plan B qui tombe à l’eau ; la première édition du Nataraja Psychedelic Gathering semblait bien compromise par ce vieux grincheux de Tlaloc… C’était sans compter le soutien d’une communauté de toqués prêts à en découdre et c’est en Bourgogne, non loin de la riante Auxerre, que l’équipe Nataraja a finalement posé ses valises piégées.

Dans un charme tout britannique, ce beau terrain moussu et verdoyant à souhait offrait finalement l’écrin idéal à ce coup d’essai. Un végétation bioluminescente d’origine probablement extraterrestre avait été plantée-là par de talentueux petits lutins botanistes entre terre et eau, un cocon arachnéen faisait office de main stage au milieu des pins, comme un nid de chenilles processionnaires accroché aux branches, balançant sans discontinuer de très gros sons orchestrés par une sélection d’artistes d’une rare finesse, tandis qu’un chill-out non loin des tentes assurait à l’explorateur fatigué un repos relativement sec au milieu des effluves d’encens, sur les rythmes hypnotiques d’un Orient mystérieux.

Oscillants entre psyprog, psytrance israélienne cadencée, twilight crépusculaire matinée d’hi-tech et envolées lyriques non-identifiées, les talentueux chimistes réunis par Nataraja nous ont concocté de diaboliques précipités, tantôt bouillonnants tantôt corrosifs et souvent d’un pH tel que leurs petites machines chauffaient jusqu’à exploser dans de fantastiques vortex musicaux de plusieurs heures. L’on retiendra notamment la prestation magistrale d’une sorte de docteur Jekyll plus connu sous le nom d’Angry Luna/Lunarave, bien servie par un système-son aux petits oignons, qui nous a offert dimanche matin un live foudroyant de 2h30, propulsant cette charmante campagne bourguignonne dans un tore multidimensionnel sans fin digne des prémices du Big-Bang.

Aussi, on applaudit des deux mains ConWerter, hallucinant dans ses sonorités distordues et métalliques teintées de techno industrielle, Mosba (faisant partie de la famille One One Six) qui nous a pondu un set en fusion, chauffant à blanc le gros des troupes, mais aussi DokiDoc, Principles of Flight, Shred’er, Abstract Layers… Et tant d’autres qu’on ne va pas non plus faire un copier-coller de la timetable.

Les quelque 400 participants sortis du terrier du lapin blanc n’ont fait qu’épicer la potion magique et c’est dans un beau tourbillon d’images, de lumières, de musiques, de sourires et de vociférations, de combustions spontanées de réincarnations transmigratoires et que s’est conclue cette première prière païenne de 2 jours (et 10 secondes).

Mais le calme retrouvé de ce petit coin de France et les paisibles paissements bovins par-delà les fossés reprenant leur cours, ne nous enlèvent pas de l’esprit l’idée d’une récidive prochaine…

Antoine de Tyssandier

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Notre résident MOSBA sur le main floor :)