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Report Hadra Trance Festival 2013

Après des semaines d’août à zoner autour de toutes les plages et piscines croisées sur nos routes estivales, il nous fallait finir ces vacances avec un événement qui soit vraiment à la hauteur, avec une musique qui nous sorte une bonne fois pour toutes de nos après midi de larves. Ah et tant qu’à faire aussi, avec plein de monde à rencontrer.

Tout ça en même temps ça s’appelle l’Hadra Trance Festival, plus grand festival de Trance en France qui se déroule chaque année depuis 2005 en plein milieu des montagnes. (le festival ayant été annulé 2 fois : http://www.rue89.com/2009/07/06/les-festivals-de-musique-electronique-restent-des-parias )

 

On monte donc une petite équipe, faite de novices et d’habitués, pour aller voir de nos propres oreilles à quoi ressemble aujourd’hui un festival de Trance.

Nous voilà donc dans les interminables lacets de la route montant au cœur du Vercors avec face à nous, environ 2500 mètres de montagne et surtout 4 jours de musique Psy Trance. Un courant musical qui nait en Inde au début des années 90 de la rencontre des musiques électroniques avec les irréductibles hippies restés sur les plages de Goa.

La psytrance est fortement marquée par cette double identité, par le gout de la musique électronique, la culture hippie et le psychédélisme de manière générale. Le festival Hadra allait être l’occasion de vérifier ce qu’il en est, et si cette identité peut se ressentir dans un festival français.

 

Premier jour, on s’installe rapidement sur le site qui semble infini (entendre par là : on jette nos toiles de tente 2 seconde sur un coin de gazon libre). Le festival, qui se déroule à même les pentes des pistes de ski de la petite station de Lans-en-Vercors, n’est pas du tout barriéré et les 10000 festivaliers présents installent leurs campements un peu partout, sous les forêts, à flanc de montagne ou sur les pistes, plus ou moins loin de la scène principale suivant le besoin (ou non) de faire une pause par moment.

 

De notre côté ayant la flemme de marcher 2 kilomètres dans les sentiers de la forêt, on s’installe au plus vite, comme la majorité de nos collègues, entre les 2 scènes.

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Avant toute chose, ce qui marque vraiment, bien avant la musique, c’est la vue. Une fois installés, on prend le temps de boire l’apéro sur le camping et il faut quand même avouer qu’avoir toute la vallée du Vercors sous nos pieds, ça a quand même une sacré gueule.

Le décors naturel est digne des plus belles randonnées passées en montagne avec papa et maman, il y a tout : les sapins, les chemins de terres, les prairies toutes vertes et les sommets des montagnes à gauche, à droite, devant, partout. Ne manque que quelques marmottes mélomanes pour peaufiner les détails.

 

Une fois prêt, on part de nuit vers la grande scène, là, plus question de montagne et de verte prairie mais plutôt de champignons géants lumineux, de lianes phosphorescentes et de lasers  en pleine forêt … Car qui dit festival de trance, dit décoration psychedelique et là encore, le festival Hadra est bien à la hauteur avec un véritable voyage visuel sur l’ensemble du site. Bref tout est mis en œuvre pour permettre au pulic de voyager le plus loin et le plus haut possible et ça tombe très bien car de l’ouverture à la fermeture du festival, sur la scène principale (main stage pour les internationaux) ça ne déconne pas.

 

On ne va tout de même pas vous cacher qu’à la base, on est monté en connaissant à peine 3 ou 4 noms d’artistes sur les quelques 90 ou 100 que comptait la programmation, et avec la ferme certitude  que de toute façon ça serait sûrement toujours plus ou moins la même chose, à savoir badaboum badaboum badaboum (à reproduire 4675 fois environ / jour).

Au début, on a tendance à rapidement confirmer cette théorie mais dès la 10ème heure d’écoute et en discutant avec les très très nombreux habitués on devient vite des professionnals du mouvement et on distingue clairement toutes les nuances de ce style musical. C’est l’occasion d’apprendre de nouveaux mots : Psytrance, Full-on, Dark Psy, Progressive, pour autant de styles qui se succédent afin de faire évoluer l’ambiance au fil du jour et de la nuit.

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Et quand on s’enfonce de plus en plus dans la nuit, justement, on comprend vite que pour trouver le bon style, il suffit d’en prendre un au hasard et de mettre « dark » devant, pour tomber à peu près juste. Les rythmes sont toujours plus lourd, les sonorités plus entêtantes et finalement surtout plus entraînantes. Le pic étant atteint aux alentours de 4h jusqu’au petit matin, avec le lancement des lasers, aveuglant définitivement les esprits déjà égarés des danseurs encore extrêmement nombreux.

Les artistes s’enchaînent imposant à chaque fois un nouveau style, une nouvelle histoire surtout pour les premiers rang du main floor en quête de l’évasion la plus lointaine possible.

 

Ce n’est donc que vers 8h-9h du matin que l’ambiance s’assainit un peu. J’en profite pour répondre à ceux qui se demandent : « mais ils sont vraiment restés tout ce temps devant la scène ??? » la réponse est non, bien entendu, mais pas vraiment besoin de ça pour savoir ce qui se passe puisque l’on entend quasiment autant le son devant le caisson qu’au fond de sa tente 800 mètres plus loin. En effet, en plus d’être puissant, le son est extrêmement bien réglé, il est autant possible de profiter de la musique loin de la scène que de discuter près des caissons.

 

Malgré les conférences, les ateliers yoga, massage, cuisine du monde et la foultitude d’activités proposées sur le festival, on ne va pas trop s’attarder, de notre côté,

sur nos activités des jours 2 et 3 puisqu’elles ressemblent quand même pas mal à celles du jour 1.

Par contre, ce qui rythme vraiment nos journées, ce sont les rencontres. Car en effet, s’il y a bien un lien qui réunit les festivaliers de l’Hadra, c’est bien cette culture de la fête alternative et décompléxée. La plupart des barrières sociales ayant été déchiquetées par le fait même d’avoir acheté sa place au festival, les rencontres se font naturellement, et les échanges sont faciles. Un peu trop facile, peut être, quand on se rend compte des effets secondaires que peuvent avoir le fait d’avoir accepté un verre gentiment offert par un voisin de tente de passage.

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La « culture hippie » est bien présente. Aux stands, les vendeurs de sarrouels ont bien plus leur place que les vendeurs de tee-shirts qu’on croise dans tous les festivals, et les stands de cuisine du monde remplacent les habituels Kebabs. Si c’est l’impression générale, cet univers ne semble pas particulièrement sectaire, et le public est en réalité relativement hétéroclite. En découle une impression de festival de « bisounours » prononcée.

 

Sinon à  côté de tout ce déferlement ininterrompu de trance, on n’a pas hésité non plus à faire quelques pauses du côté de la scène alternative. Plus calme mais tout aussi qualitative. Ce fut notamment un plaisir de revoir en live, Carbon Based Liforms,  Secret Vibes le vendredi soir ou encore Soom T le samedi.

 

Le festival se finit dans une énorme fête le dimanche à 18h avec toute l’équipe de l’orga sur scène et surtout avec le maire du village aux platines pour un moment complétement hors du temps. Exténué, on redescend tous ensuite, petit à petit, d’abord sur terre et ensuite dans la vallée pour retrouver une vie normale.

 

Dans la voiture du retour, personne ne fait trop le malin, et tout le monde se demande intérieurement : suis-je encore capable de revenir enfiler une chemise pour sortir écouter de la techno dans un club hype de la capitale ? (oui certainement, mais je vais quand même attendre un  petit moment pour redescendre).

 

On met MFM à la radio pour se changer les idées mais même sur du Léo Ferré, le déferlement de basse est encore trop fort dans les têtes et impossible de ne pas penser sur le refrain : « pourtant, que la trance en montagne est belle. »

 

PS : dans tout ça, on en a complétement oublié de prendre des photos pour illustrer cette article, on en a donc emprunté quelques unes à l’excellent webzine grenoblois Little World Music que vous pouvez retrouver ici : https://www.facebook.com/LWMusicLive

Playlist :

A Team :

The Commercial Hippies :

Lost & Found : 

Protonica : 

Soom T :