ITW iSt3p _ Télérama Dub Festival 2018

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Pour sa 16ème édition le Télérama Dub Festival 2018 n’y va pas de main morte et nous offre une programmation des plus exclusives. Cette année l’ancienne génération Horace Andy, Sly and Robbie, Alpha & Omega va jouer au côté de la nouvelle génération Ondubground, Bisou, Ist3p… A noter également le venue du crew féminin, Feminine Hi-Fi, qui nous viennent tout droit du Brésil ! De très belles surprises nous attendent sur cette édition, on a hâte d’y être.

Pour vous donner un avant goût de la date Parisienne nous sommes allés à la rencontre d’un jeune producteur parisien. Vous ne le connaissez peut être pas encore mais vous avez sûrement déjà skanker très haut sur ses morceaux lors de vos sessions préférées. On le surnomme le « Mr Last Tune » tellement certaines de ces productions ont été poncées en fin de soirée par les sound system les plus renommés (Black Board Jungle, Channel One, Iration Steppas etc…) j’ai nommé ……. iSt3p !

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Commençons par les présentations. iSt3p y a-t-il une histoire derrière ce nom de scène ?

Salut ! Merci pour tes questions. Moi c’est Maxime, j’ai 23 ans et je vis en région parisienne. La musique, c’est un truc de famille, moi et mes frères on nous a mis un instrument dans les pattes quand on était tout petit, j’avais 6 ans !

Pour moi ça a été le violoncelle, que je n’ai jamais quitté depuis. Du coup, j’ai cette formation de musicien « classique » (que je poursuis actuellement). J’ai toujours été attiré par beaucoup de styles de musique différents, j’écoute tout plein de choses. Baroque, classique, metal, reggae, rap, jazz, folk, quelques trucs electro (au sens large) …

Et non y’a aucune histoire derrière ce nom de scène, trouver un nom c’était vraiment une galère. J’ai choisi ce nom uniquement pour le visuel, en fait je ne pensais pas du tout un jour à avoir à prononcer ce nom, à aller jouer dans des sessions … D’où le 3. Je balançais des morceaux sur Soundcloud et je voulais juste avoir une identité visuelle, par le nom. Du coup, maintenant, ça crée des situations marrantes, c’est arrivé sur quelques émissions de radio par exemple ou j’entendais le nom prononcé littéralement « ihesstétroipé », et même en anglais « aystreepee » ou des trucs du genre. C’est marrant.

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Je t’ai connu au travers du vinyle « Mantra », sorti il y a deux ou trois ans. Depuis quand tu fais du dub ? Qu’est ce qui t’a amené à en produire ?

J’ai commencé à faire des riddims fin 2014, après avoir vu une session d’Iron Dubz, c’était en juillet au Glazart je crois. Ses prod m’avaient complètement séchées. C’était la première soirée où j’entendais ce genre de prod warrior, jusque là je n’écoutais que du reggae, j’avais pas vraiment de connaissance de cet univers là. A vrai dire je sais même plus comment j’ai atterri à cette soirée. Bref, à partir de là je me suis retrouvé fourrer à quasi toutes les sessions sound system en région parisienne, notamment les soirées du collectif Adubtion, qui en organisent régulièrement. C’étaient mes premières vraies soirées sound system. J’ai d’abord bidouillé des morceaux sur une appli iPad. Et c’est quelques mois après que j’ai chopé un DAW (séquenceur) et commencé à créer mes trucs. J’avais absolument aucune connaissance dans le domaine de la MAO (Musique Assistée par Ordinateur), j’ai tout appris en autodidacte. Au début, ça sonnait vraiment mal, mais je m’en foutais, ça me faisait kiffer. J’étais vraiment à l’arrache, j’avais la flemme de regarder des tutos sur ceci et cela. Puis j’ai quand même fini par mater quelques vidéos, les fondamentaux du mixage. Mais c’est vraiment à force de faire que j’ai appris. Il n’y a rien de mieux que d’expérimenter soi-même, c’est comme ça qu’on avance. J’ai posé quelques questions à des gars du milieu aussi, certains ont pris le temps de me répondre, c’était vraiment cool de leur part.

Et pour parler du vinyle « Mantra », c’est mon premier disque 10 pouces, composé en 2015, et sorti en 2016 sur le label Skank Lab Records.

 

Tu baignes dans la musique classique depuis des années, tu pratiques le violoncelle notamment. J’imagine que cela doit beaucoup t’aider lorsque que tu produis ? Tu utilises quoi pour composer ? Comment as-tu appris le dub mix ?

En effet, actuellement je me forme au CNSM de Paris. C’est vraiment une chance d’avoir ce bagage musical, ça aide sur pas mal de plans lorsque j’en viens à composer des morceaux. Mais bon, c’est pas parce que t’as cette valise théorique que tu vas être plus inspiré que les autres.

Je bosse sur Cubase. J’ai commencé là-dessus, entre temps j’ai essayé d’autres logiciels, mais j’en reviens toujours à Cubase, je suis à l’aise dessus. J’utilise toutes formes d’instruments virtuels (VST) et samples audios (pour les drums). Ça m’est arrivé de m’enregistrer au violoncelle une fois, sur un remix que j’ai fait pour Natural High Dubs (West Coast), sorti sur ODG. Je suis bien avec cette config.

Pour ce qui est du mixage, comme dit précédemment, j’ai appris sur le tas, à force de pratiquer. Je bosse avec des contrôleurs qui me permettent d’émuler une console 16 pistes, avec 3 ou 6 auxiliaires. Certes le toucher n’est pas le même qu’une console analogique, mais c’est hyper pratique, souple, surtout quand comme moi on est une bille en électronique. Et j’utilise une ribambelle d’effets hardware (delays, phasers, reverbs numériques / à ressorts, EQ), dont je varie l’utilisation selon le morceau que je mixe.

Et c’est là que à mon sens cette musique prend tout son sens : lorsque tu bidouilles tes pistes dans tous les sens et que tu les déglingues à coup de reverb/delay/phaser … plus tu avances dans les parts, plus tu deviens fou dans le mix. Au final tu te retrouves avec une dizaine de versions pour un même morceau, avec dans le lot des cuts complètement déjantés.

 

Certains te surnomment « Mr Last Tune », car il est vrai que beaucoup de Sound System, et pas des moindres, jouent tes morceaux en « last tune ». Ton style, très sombre, d’où vient-il ?

Pour moi, s’il y a une finalité à ma musique, c’est bien celle là : qu’elle soit diffusée sur ces gros sound system, qu’elle soit ressentie physiquement, elle est conçue et imaginée comme ça. Donc quand je l’entends en soirée, que je vois les gens danser dessus, chaque fois c’est le kiff. Je me revois dans ma piaule en train de composer les lignes, d’ajuster les niveaux, régler les EQ, mon frère qui débarque dans ma chambre en me hurlant dessus pour que je baisse le son …

Et bien sûr je suis très heureux de voir que des gens portent de l’intérêt à l’égard de ma musique. D’autant plus quand ce sont des « vétérans », à l’instar de Channel One, véritables pionniers dans le milieu.

Pour ce qui est du style, ma principale influence reste la musique classique (j’englobe également musique de la renaissance et baroque) . C’est immensément riche comme univers, ça reste ma principale source d’inspiration. Plus jeune j’ai écouté beaucoup de métal aussi. Quand je compose je me dis pas « tiens faut que je fasse ci ou ça », je prends juste ce qui me passe par la tête sur le moment. Ça peut partir d’une note, d’une bribe de mélodie, ou même d’une sonorité. En tout cas, le squelette de mes morceaux est toujours mélodique.

 

Tu vas jouer au Télérama Dub Festival Paris le 24 novembre prochain, peut-être ton plus gros événement jusqu’à présent, comment tu vois les choses à l’avenir ? Évolution vers un studio pro ? Musique classique ?

C’est complètement incroyable d’être programmé à cet événement, aux côtés de tous ces artistes, c’est vraiment une chance.

Il est clair que je vais continuer à produire, à développer mon studio, mais je garde ça à côté de mon occupation principale qui reste le violoncelle. J’essaie de pouvoir concilier les deux en terme d’emploi du temps. Produire ça restera toujours un hobby, il y a des périodes où je suis obligé de mettre le studio de côté, la priorité reste mes études et tout ce que je développe dans la sphère classique.

Mais je compte rester actif dans la scène dub autant que possible, surveillez la page Facebook pour ne rien manquer des choses à venir 😉 https://m.facebook.com/iSt3p/

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Un grand merci Maxime d’avoir pris le temps de répondre à nos questions c’est très complet ! Je vous conseille vivement d’aller tendre vos deux oreilles lors de son passage sur la date parisienne le 24 novembre. Il sera du côté de la « RDH area » sonoriser par les Nantais RDH Hifi.

Liens utiles pour suivre iSt3p :

https://soundcloud.com/dub-a-dikt

https://m.facebook.com/iSt3p/

https://ist3p.bandcamp.com/