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Interview : Wally Stryk, label manager d’Hermine Records

Hermine Records est un label créé à Lorient en 2011 par Wally Stryk dont les releases sont concentrées sur de la deep tech, de la tech house et de la deep house. Après plusieurs releases, Wally bouge en Argentine pour ses études pour 6 mois. 6 mois qui vont se transformer en durée indéterminée pour 2 raisons : Wally tombe amoureux et trouve des gigs bien plus facilement qu’en France où il est très dur de s’imposer et de se faire booker.

Un peu à la manière de la chronique que réalisait le magazine Trax il y a quelques années sur les Djs français éxilés à l’étranger nous avons décidé de poser quelques questions à Wally afin d’en savoir plus sur la manière de diriger un label, de l’autre côté de l’Atlantique. C’est dans son studio à Mendoza qu’il a répondu à nos questions.

Salut Wally, alors où es tu au moment où tu réponds à ces questions ?

Hola ! Je me trouve actuellement à Mendoza, en Argentine.

Ca fait combien de temps que tu vis en Argentine ? 

J’habite ici depuis presque 2 ans.

Comment passe t-on d’un label français basé à Lorient à un label reconnu dans toute l’Amérique latine dont le label manager tourne tous les week ends dans les meilleurs clubs du continent ?

J’ai monté le label Hermine Records (www.herminerecords.con) en juin 2011 dans ma ville d’origine à Lorient en Bretagne. Au départ on était 3 (moi et deux amis d’enfance). Puis dès septembre je suis parti à Montpellier finir mon Master, donc on peut dire que le label est plutôt du Sud (rire).

Ensuite en mars 2013, je suis parti m’installer définitivement en Argentine. Jusqu’à maintenant j’ai pressé 6 releases en vinyles et sorti une vingtaine d’albums digitaux. Beaucoup de morceaux appartiennent à des artistes Argentins et Sud Américains. La pluparts y voient une porte d’entrée pour l’Europe en signant sur Hermine. Grâce à cela, le label compte beaucoup d’artistes reconnus ici ; Jorge Savoretti, Alexis Cabrera, Ronan Portela, Ariel Rodz, Juan Zolbaran, LondonGround, Obando & Figueroa, Christian Berger…

Depuis mon expatriation en Argentine le label a vraiment évolué, actuellement on est 4 à travailler dessus! Maintenant on fait agence de booking pour certains de nos artistes et on organise aussi des évènements

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Et maintenant, tu produis majoritairement des artistes latino américains non ?

Exactement ! Beaucoup d’artistes ici nous envoient leurs démos. Un label français qui édite du disque vinyle en Argentine, c’est assez exotique! (rire).

Dès la première sortie, il y a un remix d’Atapy, qui a fait son nid depuis, comment s’est fait la rencontre ?

Avec Atapy c’est une longue histoire. Il me semble que je lui avais envoyé une démo il y a des années pour son label (Cimelde Records) et à force de discuter on est devenu amis !

Vous payez des producteurs pour les remixs ou ce ne sont que des collaborations suite à des rencontres ?

Non je n’ai jamais payé un seul remix. La plupart du temps se sont des collaborations suite à des rencontres. Je pense que c’est la meilleure manière, si j’apprécie vraiment un artiste et que je ne le connais pas, je l’invite à se produire dans une de mes soirées. C’est la meilleure façon de faire valoir son travail.

Raconte nous pourquoi tu es resté en Argentine ? La vie d’un producteur de musique électronique est plus intéressante de l’autre côté de l’Atlantique ?

Dans un premier temps je suis resté pour ma copine Argentine (rire), ensuite en tant qu’étranger ici j’ai tout de suite attiré l’intention et j’ai réussi à me faire petite place. L’Argentine c’est le pays d’Amérique du Sud avec la plus grosse scène en matière de musique électronique, et la France n’a rien à y envier ! Ensuite, de belles opportunités se sont offertes à moi et j’ai fais de superbes rencontres : Barem, Jay West, Deep Mariano, Jorge Savoretti… j’ai eu de la chance c’est vrai, mais je ne vais pas me plaindre non plus ! (rire).

Tu me parlais de la difficulté pour un producteur français, de province, de s’introduire dans le milieu musical français, tu peux nous en dire plus ? Est-ce une question de style, de réseau ?

Forcement il y a une part de talent, ensuite le reste c’est comme partout c’est une question de réseau. Mais de mon point de vue, c’est vrai qu’en Amérique du Sud tout me semble plus accessible, les gens sont plus ouverts à écouter ton travail, et le latino c’est le latino ! (rire)

Tu penses que tu pourrais revenir faire une tournée en Europe ?

Justement, je suis en train d’organiser ça pour l’été 2015 ! J’ai Hâte !

On avait aussi pas mal parlé vinyle tous les deux, combien de références d’Hermine sont dispo  en vinyles ?

Actuellement il y a 6 références de disponibles, des quelles il reste encore quelques disques à la vente des deux dernières. Et la 7eme est en court !

Et aujourd’hui, grâce à un membre de votre équipe, toutes les autres releases de notre catalogue sont dispos en vinyle à la demande sur Vinyl it.

Tu les écoules mieux en Amérique latine ou par chez nous ? Pas trop dure à gérer la distrib ?

Au niveau des ventes de disques tout se passe en Europe. Hélas en Argentine il n’y a pas un seul shop. Par contre pour la gestion du digital tout se fait en ligne, donc je peux  travailler depuis le studio, c’est pratique et facile.

Tu es également producteur, tu sors des tracks tous les combien de temps à peu près ?

Tout dépend du temps que je dispose. Ces derniers mois je passe mon temps dans les avions et j’ai peu de temps pour m’asseoir en studio. En plus l’été austral arrive, donc j’aurai encore moins de temps. C’est un mal pour un bien, qui ne souhaite pas mixer sur une plage paradisiaque au Brésil jusqu’à l’aube ? (rire).

La dernière sortie de Wally Stryk sur Innocent Music

Les prochains projets d’Hermine ?

Los Atardeceres Electronicos ! C’est l’équivalent de nos goûtés électroniques en France. J’ai importé l’idée l’été dernier et ça marche super bien. J’ai même déposé la marque et exporté le projet à  Cordoba la 2ème ville du pays. Les derniers en dates ont convoqués jusqu’à 2000 personnes à Mendoza ! Voici une vidéo :

Ton regard sur le renouveau de la musique électronique en France ? Tu es venu goûter à cette nouvelle ambiance ?

Beaucoup de monde à le regard tourné vers le son caractéristique de la Concrète à Paris et le Weather Festival, c’est vrai que ça fait plutôt rêver !  Personnellement j’adore cette House Roumaine super minimaliste au sub sur-gonflé. Ça m’inspire beaucoup et j’essaye de suivre le courant pour toujours rester à jour en Amérique du Sud, et jusqu’à maintenant ça marche bien !

Cimer Wally pour tes réponses, on te souhaite plein de bonheur et de réussite pour la suite !