TaiwanMC

Interview : Taiwan MC

On a rencontré le frontman de Chinese Man, Taiwan MC. On en a profité pour parler avec lui de son parcours, de sa dernière sortie Diskodub (Chinese Man Records) et de ses projets futurs.

Chinese Man Record c’est quoi, c’est qui aujourd’hui ?

Pas mal de gens ! Plus d’une dizaine de personnes bosse pour le label Chinese man Records en général, elle bosse pour Deluxe, pour Chinese Man, pour moi et pour d’autres artistes qui sont aussi sur le label.
On fait ça de façon indépendante, on a notre propre booker, notre propre manager, notre propre équipe de com, à part Ephelide qui font la Com sur Paris, c’est aussi grâce à eux que ça se passe bien.

Depuis combien de temps as-tu rejoins label de Chinese Man ?

Depuis 2009/2010, c’est l’époque où on m’a envoyé l’instru « Miss Chang » de Chinese man pour que je pose dessus. On se connaissait pas encore à l’époque, ils m’ont proposé ensuite de faire des featuring non seulement sur le disque mais aussi en live. Je suis donc devenu leur MC de scène, leur frontman et maintenant il y a un deuxième MC qui m’a rejoint.

Quels étaient tes projets solo avant 2009 ?
J’avais fait des featurings à droite à gauche, mais pendant longtemps j’ai eu comme un manque de confiance en moi, je faisais un morceau puis je me disais « ah non il est nul » puis le morceau restait dans un ordinateur et sortait jamais.
Là c’est différent, avoir un label qui te dit quel morceau est bien, s’il peut sortir, c’est motivant ! Puis Chinese Man Records a produit, ils ont mis l’argent pour qu’on puisse presser des disques. Ça coûte hyper cher de presser même à peu d’exemplaires, 1000 exemplaires vinyle d’un six titres, ça coûte des milliers d’euros.

TaiwanMC-Diskodub-cover

C’était important pour toi que DiskoDub sorte en format vinyle?

Très important ! Le label Chinese Man sort quasiment tout ce qu’ils font en vinyle et en digital. A la base c’est un label de vinyle, Chinese Man sont des gros collectionneurs de vinyle, moi j’adore les vinyles, c’était donc logique qu’on le sorte en vinyle.
Je suis super content parce que le premier EP sonnait pas aussi lourd que d’autre production sur vinyle, mes amis DJ devaient le mettre un peu plus fort. Tandis que sur Diskodub j’ai pris beaucoup de temps pour faire en sorte qu’il sonne lourd, qu’il soit jouable par des DJs. On s’est pris la tête sur le mastering, sur le mixage.
Puis les illustrations de Julien Lois qui a fait la pochette ressortent beaucoup mieux au format vinyle.

Comment s’est passé ta rencontre avec ton beatmaker SOAP ?

Par la Drum’n’Bass, le milieu dans lequel j’étais avant. Pendant les années 2000, je crois qu’on s’est croisé la première fois devant le Rex, je distribuais des flyers pour les soirées que j’organisais à l’époque « Cool & Deadly » et lui allait au Rex, on a discuté comme ça. Il écoutait beaucoup de Ragga/Jungle et vu que c’était moi aussi mon style de prédilection, on s’est vite retrouvé. La première collaboration c’était sur un mix pour Radio Génération à l’époque, SOAP voulait absolument un MC dessus donc je suis venu toaster son mix.
Quand Chinese Man m’ont proposé de faire le featuring sur « Miss Chang », j’ai été directement chez SOAP pour enregistrer car j’ai pas de home studio chez moi. Et c’est aussi son taff, il est DJ, beatmaker, réalisateur d’album, il sait faire le boulot d’ingé son et aussi le boulot de composition, il est assez complet en studio.
Du coup naturellement quand est venu à l’heure de faire un projet solo je suis allé le voir et c’est aussi lui qui m’accompagne sur scène, sur laquelle il joue de plusieurs instruments.

Du coup c’est lui qui a réalisé l’ensemble des intrus de Diskodub ?
Pas toutes, on a récupéré des instrus de Chinese Man, de Dreadsquad et des instrus que j’ai fait ou qu’il a fait ou qu’on a fait ensemble. Mais de toute manière chaque instrumental est passé entre les mains de SOAP, il a rajouté un petit clavier par ci, une petite mélodie par là, fait des arrangements puis c’est lui qui a fait le mixage de l’album.

Au niveau technique Disko dub c’était plutôt software ou hardware ?
Chez SOAP c’est beaucoup du software, il a des claviers aussi, après tout ce qui est petite percu, on essaie de les jouer nous même, pour mélanger le côté binaire, super carré des trucs électroniques avec des choses jouées à la main. Sur chaque morceau il y a toujours un truc humain, sur la premier EP il y avait des basses jouées à la basse électrique. Là sur Diskodub qui est plus digital on est passé plus par des synthés mais il y a quand même des petits shakers, des petits trucs fait main.

On a entendu parlé d’un mini theremin ?
Sur scène il y a un mini theremin, on a une Dub siren aussi, c’est ce qui sert à faire tous les petits bips. Tout ces bruits étranges du Dub, que l’on trouve maintenant sur des appli iphone (rires) il y a des gens qui utilisent ça parce qu’ils ont samplé les bonnes Dub Siren. Nous on en a commandé une à un pote qui nous l’a fabriquée, on l’utilise en studio beaucoup, dans quasiment tous les morceaux, tous les bruitages ont été réalisés avec.

Tu es passé par la drum & bass, le jazz, le trip hop, comment est ce que tu décrirais ton style?
Mon but a toujours été de chanter du Reggae, en tout cas c’est ce que je fais le plus mais chanter du Reggae sur une instru de Reggae ça avait été bien fait par d’autres gens. Donc quand j’ai commencé à faire de la musique, j’allais dans des soirées Drum & Bass et je chantais sur la D&B après j’ai toujours préféré chanter que faire du faststyle (General Levy, Eminem..) qu’on retrouve habituellement sur la Drum & Bass.
Je préférais chanter, faire un mélange entre le faststyle, le Ragga, après j’ai tourné avec un Dj qui mixait à la favela chic. La bas, le DJ jouait un mix éclectique et l’idée c’était qu’un morceau sur deux, soit il mettait une instru, soit à l’intérieur d’un morceau des doors, d’un truc très grand public, il mettait une boucle et me disait « allez vas-y chante ! » Du coup s’il me mettait un morceau de rock j’allais pas chanter comme un rocker, je chantais comme je continue de le faire aujourd’hui, c’est à dire toaster, chanter comme un chanteur de Reggae entre chant et rap sur des instrus improbables.

Peux tu nous dire un mot de ta récente collaboration avec Ackboo ?
Alors c’est lui qui est venu me voir, on a joué plusieurs fois sur les mêmes scènes, dans les mêmes festivals, il m’a entendu et il m’a envoyé plusieurs instrus, notamment Pressure Riddim sur lequel j’ai posé et franchement je suis super content du résultat. Il y a même Alborosie pour la petite histoire qui a reposté le morceau, il connaît Ackboo, ce jour là j’ai vu mon compte soundcloud explosé.
C’est une bonne collab, je pense qu’on va refaire des morceaux, dans un futur incertain, il m’a déjà envoyé de nouvelles instrus.

Qu’est ce que tu penses de la scène Dub actuelle?
Je trouve que ça se passe bien mais il y a quand même un soucis de religiosité, de lyrics qui parlent tout le temps de dieu, honnêtement ça me gave vraiment, dans le Dub c’est un gros problème.
Le côté « conscient » c’est la conséquence du Ragga des années 80-90 qui parlait de cul, de meurtre, qui était homophobe, donc en Angleterre les mecs ont pris le contrepied en réintégrant l’esprit roots, la méditation, le côté peaceful. Ca part d’un bon sentiment mais quand je vais dans une soirée 100% Dub, les MC parlent que de trucs spirituels que ça devient chiant.
En Drum & Bass, en Ragga il y a une compétitivité saine, un esprit compétitif qui tire vers le haut, tout le monde essaye d’être meilleur. Dans le Dub, j’ai l’impression que tout le monde est peaceful et pas mal de MC ne se foulent pas beaucoup.
Après je me sens proche de la nouvelle scène Dub à la limite, Jahtari, Mungo’s Hifi, OBF, tous ces gens qui ont une culture électronique, ils ont la culture de la rave, je les connais pas tous personnellement mais on dirait en écoutant leur musique que ce sont des gens qui écoutent à la fois de la musique électronique et à la fois du Reggae très roots et qui font une bonne synthèse des deux.

Pour finir tu peux nous parler un peu de tes prochains projets ?
J’ai plein de morceaux qu’on a fait au fur et à mesure des années avec SOAP qu’on va essayer de sortir sur son label, Audiolingus. Il y a aussi des featuring pour Chinese Man, Tumi. Dans les vrais gros projets j’aimerais bien faire un album ou un EP entièrement acoustique, l’antithèse de disko dub on va dire. J’ai aussi le projet de faire un EP ou un album dans la lignée de Heavy this year, c’est à dire plein de producteurs différents, des instrus dans des styles différents avec des thèmes différents et essayer d’en faire un truc cohérent.
J’ai envie de monter aussi un mini label ou même sans label sortir des instrus que je fais qui sont dans un style complètement différent, genre House aux alentours de 130bpms, j’aimerais bien les sortir, peut être directement sur internet voilà, dans un futur proche peut être que vous verrez de plus en plus de productions de ma part.

Taiwan MC en cinq morceaux

Hiphop/KRS-One – Black Cop

Musique classique/Camille Saint Saens – le carnaval des animaux

Techno /LFO – LFO

Drum & Bass/Calibre feat MC Fats – Drop in down

Rock steady/ Johnny and the Attractions – Cross my heart

Taiwan MC – DiskoDub

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