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Interview Romain Play (Camion Bazar)

Dans l’immensité du paysage DJesque français, une figure vient de faire une entrée fracassante. Son nom : Romain Play. Dans le cockpit de son Camion Bazar ou derrière les platines de multiples évènements en plein air (Coco Beach, Alter Paname….), cet ovni secoue les foules avec ses sélections alliant booty house, ambient, rock alternatif, le tout saupoudré de scratches et autres guitares flamenco. Nous l’avons rencontré, lui et sa compagne Bene, le 21 juin dernier, lors d’un évènement organisé avec les très bons gars de Forecast. L’occasion d’y parler digging, Ricardo Villalobos et lion en peluche.

Tu dis être entré dans le monde la nuit « sur le tard », tu n’as donc aucun DJ référence ?

Non je n’ai pas du tout de DJ référence. Pour tout te dire, je ne sais jamais ce que je joue. Je ne connais pas les artistes, les mouvements, les labels… Je peux juste te dire « ah le jaune, il est funky », « le rouge, il est plus hard ». J’écoute des choses, ça me plait, je les joue. Je fonctionne complètement à l’instinct.

Où vas-tu chercher tes disques ? Quelle est ta manière de digger ?

Tout d’abord, je n’utilise pas du tout internet, je passe essentiellement par des disq uaires. Pour la house et la techno, je vais à La Source, chez Synchrophone ou Techno import. Pour le punk et le rock, je vais chez Borns Bad. Ces disquaires me préparent des sélections selon mes goûts, et je viens les écouter au magasin. Mes amis de Forecast m’ont conseillé International et Betino, je pense y faire un tour rapidement ! Quand j’en ai la possibilité, je fais aussi les disquaires à l’étranger et les brocantes.

Comment prépares-tu tes sets ?

Je ne les prépare quasiment pas ! Je trie simplement mes disques par style ou ambiance, je les jouerai ensuite au feeling du set. Je mets à part les disques que j’appelle « de transition » : des clapotis de rivière, des bruits d’oiseaux…. Ce sont des outils qui me servent à passer d’un style de musique à un autre dans mes sets. J’aime tout mélanger !

Est-ce que tu connais d’autres DJs aussi fous et inconscients que toi ?

(Rire) Je n’en connais pas malheureusement !

« Percer » en tant que DJ sans jamais avoir rien produit, est-ce vraiment difficile ?

Effectivement, c’est plutôt difficile ! Ca marche beaucoup à la prod : tu composes un titre qui marche bien, tu es booké. C’est dommage, car la production et le DJing sont deux choses différentes, et l’un ne va pas forcément avec l’autre. Il y a de très bons producteurs qui sont de mauvais DJs. De toute façon, « percer » ne veut pas dire grand-chose pour moi, je cherche juste à jouer le plus possible.

Pourquoi cette envie subite de produire ? Evolution ? Opportunité de le faire ?

Je viens du punk, et à l’époque on commençait déjà à bosser sur des synthétiseurs. Cela faisait longtemps que je voulais composer sur des machines. Il y a une vraie demande, surtout que ça marche un peu mieux pour moi. Des amis m’ont poussé, et m’ont surtout beaucoup aidé, notamment Pit Spector. Je sors d’ailleurs un maxi avec lui en septembre sur Sano.

La légende raconte que tu jouais en face de Villalobos, et qu’il ta demandé par texto d’arrêter ton car tu prenais tout le monde !

(Rire)Enfait,jejouaisàunesoiréeKatapult, luijouaitsurunrooftop….Notresoiréemarchaitbien, et nous avons piqué la moitié du dancefloor ! En revanche, je n’ai jamais reçu de texto…

Peux-tu nous expliquer la genèse du Camion Bazar ?

Bene : En août 2012, on a eu une vraie envie de bouger, de faire ce que l’on veut, de partir à l’aventure. Sur un coup de tête, on a créé le Camion et on est parti tout l’été sur les routes de France. Au départ, on voulait faire du Camion un véritable espace avec vente d’objets, sound -system, jeux, animations…. Mais on s’est vite rendu compte que les gens voulaient seulement du son ! On est donc parti sur un simple sound-system.

Gérer le Camion Bazar à deux, comment ça se passe ? Qui fait quoi ?

Bene : Je m’occupe de la décoration, la communication, l’image, mais aussi les partenariats et les bookings. Romain est bien sûr le DJ…. Et la bonne à tout faire du Camion !

Présente-nous Yuri !

(Romain appelle un pote, qui n’est autre que le père et dresseur du dit Yuri, un lion en peluche tout mignon qui fait des apparitions remarquées sur la scène du Camion)

Yuri n’a pas eu une vie facile. Né en Afrique, il a été capturé et emmené de force dans un cirque Bulgare, qui le maltraitait copieusement, en témoignent les nombreuses brulures de cigarette. Un soir d’été, il est parvenu à s’enfuir dans une forêt anglaise, non loin de Leister. C’est là que je l’ai recueilli. Aujourd’hui, il a commencé une nouvelle vie et s’épanouie dans la musique et dans la danse.

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