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Interview d’un maitre de la Goa Trance : Total Eclispe

Total Eclipse est à la base un groupe de Goa Trance originaire de Paris (France), fondé au début des années 1990. Composé de Serge Souque, Stephane Holweck (également membre fondateur de Juno Reactor) et de Loïc Vanpoucke, le trio fut avec Transwave, le premier groupe à imposer et faire connaître la trance psychédélique en France à partir de 1994 avec leur tube « Aliens », sorti chez Dragonfly Records.

Depuis 2005, Stephane Holweck reste le seul membre actif du groupe et continue de diffuser sa musique à travers les dance floors du monde entier. Après l’album « Tales Of The Shaman » aux accents jazz sorti sur le label français Mandala Records, Stephane Holweck travaille sur une trilogie d’EPs dont le premier est sorti en septembre dernier. Nous avons eu la chance de lui poser quelques questions dans son studio à Bordeaux.

Peux tu nous raconter comment tu as rencontré la Trance Psychédélique?

Via des potes qui revenaient de Goa, ils m’ont fait écouter quelques trucs mais cela n’avait rien  à voir avec de la Trance à ce moment là. C’était les débuts de la musique électronique, il n’y avait même pas de genre, la House, l’Acid, ça n’existait pas, il n’y avait pas tout ce merdier. C’était la musique de party qui venait de Goa.
Je me suis lancé dedans et j’ai passé à mes potes mes morceaux et ils ont tout de suite été joués par les Djs qui étaient là-bas. Mais moi je n’étais pas là, j’étais entre Paris et Londres.
J’y suis allé à un moment mais low profil toujours, ça ne m’amusait pas d’aller frimer.

Quelles sont les scènes les plus actives selon toi, les pays où tu préfères jouer ?

Japon, Israêl, je joue beaucoup là-bas. Les israéliens font partie des instigateurs de la première heure.

La musique a évolué, selon les territoires ce n’est pas la même chose. En ce moment en France je sens un retour à la Trance mais pas très psychédélique. Par contre en Israël, en Belgique, dans quelques endroits t’as un retour quasiment à la Goa. La full-on qui s’était cassée la gueule est en train de remonter parce que les mecs s’amusaient bien à la faire et les gens s’amusaient bien à danser.

Tout fluctue, selon les pays c’est pas les mêmes scènes, y’a que dans les grands festivals où t’arrives à peu près à réunir tout le monde.

Tu as connu le montage sur bandes magnétiques, aujourd’hui quelle est la place de l’informatique dans ton travail ?

Les ordinateurs sont tout le temps allumés j’en ai bien peur, parce que ce sont eux qui gèrent le séquenceur, qu’il soit audio ou midi, ce sont leurs horloges qui font tourner le tout.

J’utilise des softwares. On utilise ça comme moyen technologique parce que c’est pas gros, si tu montes un studio de gros matériels analogiques, il n’y a plus de 0 et de 1, le numérique n’est jamais qu’une pâle copie de ce que tu fais avec du hardware. Avec un ordi quand tu utilises 25 synthés, tout sort du même processeur. Tandis que deux Sh1 tu les mets l’un à côté de l’autre, il y en a pas un qui sonne pareil, ils ont tous leur personnalité, c’est dû à plein de détails par exemple à la résistance (électrique) de tel stock de résistance de tel jour, de tel stock de ceci de tel jour.

Aujourd’hui je travaille avec le Roland Sh9, un vieux tesco aussi.

C’est quoi les critères de production aujourd’hui ?

La basse et le kick sont beaucoup trop forts par rapport à ce que c’était avant. Maintenant la basse c’est presque un lead, au niveau musical la basse en général c’est un instrument d’accompagnement qui est là pour soutenir en dessous et je crois que c’est assez anti transe le fait de la positionner aussi fort.

Comment tu structures un morceau de PsyTrance ?

T’as plusieurs écoles, t’as l’école qui dit je me laisse aller, je m’en vais ou je m’en vais et t’as l’école ou tu fais un travail logique par 16 mesures. Le truc des 16 mesures il est ancré en nous, il est totalement naturel. Une règle qui est totalement bafouée de nos jours à mon avis c’est l’histoire des breaks, il y a des mecs qui mettent des breaks partout. Comment tu peux rentrer dans une transe quelconque si on te la casse tout de suite, c’est ce que dans les années soixante dix ils appelaient les « casses planètes ».

Comment tu gères ça en live d’ailleurs ?

J’ai plusieurs formes de live en fait, et selon mon humeur et où je suis je le jouerai d’une façon ou d’une autre manière, j’ai des lives qui sont montés comme des remix, t’as 16 pistes à gérer via un petit contrôleur korg nanokontrol. Je gère chaque piste, les rentrés d’effet, les volumes, je refais le mix, je choisis le moment ou je place le break, enfin t’es quand même obligé de suivre plus ou moins une structure de morceau mais tu peux très bien apporter un break ou avoir des breaks prévus pour les importer n’importe comment n’importe quand.

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Total Eclipse entame un nouveau projet intitulé « Transmutation » qui sort chez Tribal Record. Au total ce sont 3 EPs qui pourraient bien se transformer en un album qui verront le jour chez Tribal Records, un jeune label israélien. La première sortie date du 11 septembre dernier, la deuxième arrive bientôt !

La trilogie Transmutation inclura des remix des classics retro de Total Eclipse et des inédits. Le premier est un voyage cosmique sans fin qui touche à l’essence même de la transe, à savoir ce dialogue entre passé et future, rythme tribal et sonorités de l’espace.

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