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Interview : Carton Pâte Records a 6 mois

A l’occasion de leurs 6 mois, le tout nouveau label de musiques électroniques CP REC lance deux soirées en collaboration avec Eddy Rumas au Drak Art (retrouvez les infos ci-dessous). On en a donc profité pour aller poser quelques questions à Maël Pierre Gérard, le créateur du label avec qui on a discuté pendant deux heures.

Avec des sorties déjà tracklistées par des producteurs de renom tel que Club Cheval, Shadow Chil, Justin Martin ou en encore Benga, le petit label grenoblois commence à se faire entendre…

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Comment s’est créé CP REC et qu’est ce que le label apporte aux artistes?

En fait on l’a créé avec Rampage 84. Je voulais qu’il sorte des productions donc on a décidé de monter le label autour de ça et avec les projets de sortie d’autres amis.
Ensuite, le hasard nous a fait rencontré JM, qui était un peu en galère pour diffuser sa musique. C’est à ce moment là qu’on a pris conscience du vrai rôle du label  et qu’il y avait un vrai besoin par ici.

Maintenant on s’occupe de manager nos artistes et de leur faire de la promotion, c’est ça le rôle de CP REC. Faire jouer les artistes dans des soirées, leur faire une release night à chaque nouvelle sortie et leur proposer une direction artistique basée sur de vrais échanges ce qui est différent d’autres labels où finalement, les liens entre les artistes et le label peut se réduire à de l’échange de mail. CP REC est un peu une grande famille chez qui chacun fait évoluer l’autre.

Tu peux nous en dire plus sur le chemin que vous avez accompli en 6 mois depuis la création du label ?

Et bien déjà, parlons de l’indicateur phare du moment, les likes Facebook : nous en avons 1200 aujourd’hui. On s’est aussi rendu compte que le nom de CP REC avait pas mal tourné dans Grenoble, on a eu des articles dans le 20 minutes, le Dauphiné, bientôt dans Trax Magazine pour l’EP de Rampage, Kiblind également ou des blogs comme All In Electro.

En ce qui concerne les sorties, on arrive à faire environ 1000 écoutes par sortie ce qui veut dire que les gens nous suivent de manière régulière et restent attentifs sur l’évolution du label.

Ensuite, on a fait beaucoup d’événements sur Gre dont les Piknik Electro qu’on a organisé cet été avec le soutien de la Marie, la Fête de la musique qui a bien fait parler de nous, c’était une grosse folie Place aux Herbes, le Maire est resté deux heures et nous a ensuite envoyé une lettre de soutien, l’ambiance était dingue. Et bien sûr les release night au Ptit Bal qui commencent à rameuter pas mal de monde.

Mais alors quel est ton rôle précis dans CP REC ?

Je gère le label en général en assurant la direction artistique, en gérant la promotion et donc les événements, pas mal d’administratif. Ce qui me prend le plus de temps mais que j’apprécie le plus est surtout le management artistique, c’est là qu’on peut jouer un rôle important sur les directions qu’un artiste peut prendre et sur sa confiance en lui.

CP REC produira uniquement de la house ou d’autres styles sont prévus ?

On a commencé avec pas mal de house mais là on arrive avec des sorties sur d’autres styles. Début 2014 on arrive avec 2 EP techno dont celui de Pause, bien sale et ultra lourd. On a également un EP dubstep qui se confectionne, un EP D&B d’un référence du milieu et pas mal de remixes en cours.

Mais rassurez-vous, avec cette diversité, on prévoit tout de même des sorties house.

 

Combien d’artistes signés pour l’instant ? Combien de personnes qui travaillent sur les fonctions support du label (autre que la production) ?

Là on est à 8 artistes signés sur le label (JM, Rampage 84, Simba, Pause, Ventaurr, Law, Peanut Wear Caps) et on sera à 12 d’ici février 2014.

C’est moi et JM qui assurons les fonctions support du label et on a pas mal d’aide de gens de notre réseau ainsi que le soutien de nos amis.

CP REC dans un an (les objectifs) ? CP REC dans 5 ans ?

On aimerait faire un truc énorme pour notre premier anniversaire, un événement rassemblant toutes les associations de Grenoble avec 4 scènes qui tenteraient de représenter tous les styles que les grenoblois écoutent. Un scène techno to hardcore, un scène reggae, dub, d&b et trance, une scène deep house garage jackin puis une dernière rock to metal. Un truc qui montrerait la diversité grenobloise tu vois. En plus c’est possible, tout le monde veut le faire mais la mairie fait obstacle.

Dans 5 ans, j’espère qu’on aura pris le format d’une entreprise mais sans oublier d’où on vient. On voudrait devenir une référence en termes de qualité et de promotion de la scène locale, qu’un artiste signé chez CP REC soit un artiste qu’il faut suivre.

Vous avez fait beaucoup de soirées au P’tit Bal qui avouons-le n’est pas forcément très adapté à ce genre de soirées ? Cela relève t-il d’un problème pour Grenoble ?

Je suis pas vraiment d’accord avec toi sur ce point. Le Bal Ptit Club est un lieu adapté au concept de nos release night. C’est plutôt agréable socialement parlant, le lieu est intimiste et c’est surtout le seul club sur Gre qui offre un éclectisme sur les musiques électroniques, qui les comprend.

En plus ils ont un bon système son. De toute façon on va essayer de rebondir sur un autre format, plus grand public.

Certes, ça relève d’un problème sur Gre en général mais là on s’écarterait du sujet. Mais j’ai toujours voulu faire des soirées là bas, c’est le club de The Hacker quand même.

Vous êtes vous déjà penchés sur la solution des warehouse parties très en vue à Paris et dans d’autres villes de province ?

Ouais on y a pensé mais là on se contente d’attendre de voir comment la situation grenobloise évolue. On est dans un système cyclique sur Gre. Il y a eu les free et les squats puis ensuite les squats se sont retrouvés blindés du fait de l’éradication des free. Grâce aux problèmes sanitaires dans les squats les organisateurs ont réussi à ouvrir l’Ampérage (ADAEP) et créer Mus’Act. Le succès est arrivé, le Drak s’est ouvert. Mais là c’est l’inverse qui est reparti, les lieux meurent peu à peu.

Il va falloir faire attention car les autorités vont se retrouver avec ce qu’elles veulent faire disparaître depuis des années, des free illégales et la recrudescence des squats.

Il va donc falloir créer de nouveaux concepts et se pencher sur des événements plus grand public, à l’image des Piknik Electronik . Il y a une vraie culture électro à Grenoble.

Revenons un peu sur CP REC, quelles sont les dépenses majeures du label ?

En règle générale, la production (aide artistique, mastering etc) et les frais de communication représentent nos dépenses majeures.

CP REC a-t-il déjà dépassé le cercle de l’agglomération grenobloise ?

Oui on parle pas mal de nous à Lyon par exemple, sur Bordeaux, un peu en Angleterre également.

CP REC sera-t-il toujours rattaché à Grenoble et le Rhône Alpes ou le label a des ambitions plus fortes ?

Oui nos ambitions seront plus fortes avec le temps mais on sera toujours rattachés à Grenoble. Même si on devient plus grand, on n’oubliera jamais. De toute façons on sera toujours là pour promouvoir la scène locale.

Au niveau de la stratégie, où faites vous de la monétisation ? Vous avez déjà vendu des titres ?

Yes on commence à vendre quelques titres mais c’est bien évidemment pas là-dessus qu’on fait de l’argent car on veut offrir notre musique gratuitement mais il faut aussi être présent dur des plateformes telles que Beatport où les titres sont payants. On va plus aller vers du management et du booking d’artiste . La majeure partie de nos rentrées d’argent proviennent des soirées à vrai dire.

Parle-nous un peu plus des Too Cool For School qui arrivent ?

Ce sont les soirées pour fêter nos 6 mois d’existence en co production avec Eddy Rumas au Drak Art. On se charge du 22 novembre et eux du 29.

On est très contents de faire ça avec eux car ce sont des promoteurs qui ont toujours été très avant gardistes sur Grenoble (c’était presque les premiers en France à avoir fait des soirées dubstep), on les suit depuis le début donc faire une soirée avec eux c’est une vraie reconnaissance et puis ça va nous ouvrir un nouveau public, un nouveau soutien.

Les Too Cool sont des soirées reconnues maintenant sur Grenoble donc ça permet de nous intégrer encore mieux dans le paysage musical grenoblois. Et nous mettre avec eux a aussi permis d’élaborer des programmations cohérentes, de proposer deux soirées pas trop chères et accessibles.

La soirée du 22 avec les Petits Pilous sera Electro – House alors que celle du 29 s’orientera plus en mode UK House – Garage.

Et si on devait faire une playlist CP REC, quels titres y figureraient ?

Merci pour tout Maël, bon courage pour la suite et longue vie à Carton Pâte!

Novembre 2013



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