Telerama

Les 10 ans du Télérama Dub Festival

Le week-end dernier l’activité nocturne parisienne nous offrait une formidable occasion de se gaver de musique Dub, servit à toutes les sauces. Un menu maxi best of avec supplément en somme qui, comme d’habitude, en photo sur l’affiche, fait saliver d’envie le plus convaincu des végétariens. En fins gastronomes de cuisine musicale que nous sommes, entre un concert classique et une rave psy-Trance, à One One Six on ne craint pas les grands écarts et on signe des deux mains.

On parle bien ici de Télérama, qui nous gratifiait pour le dixième anniversaire de son dub festival d’un des florilèges les plus aboutis de la scène française avec rien de moins que Zenzile, Stand High Patrol, Pupajim, Dub in VO et DubMatix, High Damage et même Kaly Live Dub et High Tone en side project. Les voilà qu’ils poussent le vice en ajoutant en guests rien de moins que Prince Fatty accompagnant Hollie Cook et Irration Steppas et nous avions déjà tous nos places en poches.

 

On se lance donc après un après-midi à se chauffer dans un grand tour d’horizon de ce qui se fait de mieux actuellement sur la scène dub française (à quelques noms près). 10h à faire balancer nos corps d’avant en arrière au rythme de basses qui parlent autant au corps qu’à l’esprit.

 

Quelques chose nous dit qu’on ne peut pas sortir indemne d’une telle expérience, en tout cas pas quand on la mène sérieusement.

 

On arrive donc au 104 vers 22h30, première impression, c’est grand et il y a du monde, ça part pas trop mal.  On apprend que Brain Damage en Dub session est déjà fini, déception, puis on se dit qu’on finira bien par revoir ces gars-là un jour ou l’autre. On oublie d’autant plus vite que Hollie Cook est déjà sur scène avec un Prince Fatty survitaminé. Le set est vraiment cool mais trop court pour les retardataires que nous sommes toujours.

 

C’est donc avec Stand High Patrol et Pupajim qu’on va vraiment pouvoir rentrer dans l’ambiance et là : claque. Une démonstration de force à tel point que les plombs sautent sous la puissance du flow des brestois. Le temps de faire un ou 2 slams, le son repart avec Orfaz qui maintient la température. La salle est pleine, les gens sont chauds…

 

Seulement pendant ce temps, La rumeur court dans la fosse, il paraîtrait que nous n’aurions rien vu, que le gros de la bataille n’était pas là, il paraîtrait que Kanka commence son set au sous-sol et qu’il est venu avec la ferme intention de mettre tout le monde d’accord.

En pauvre pécheurs habitués des flagellations musicales que nous sommes, nous courrons donc vers la queue qui commence à se former sur la droite de la scène. Le flot est double, on se rue vers l’entrée comme d’autres sur la sortie alors que les enceintes viennent à peine d’être branchées.

 

Le son est surpuissant, physique, entre par l’oreille autant que par les poumons, résonne sur les murs autant que dans ta boite crânienne, il te traque, te cerne pour mieux t’asphyxier.

 

Kanka est déchaîné et pratique comme à son habitude, le dub le plus puissant qui puisse exister, le dub discriminatoire, celui qui laisse de côté les faibles pour ne laisser sur place que les sourds et les abrutis, seules personnes vraiment fréquentables à cette heure avancée de la nuit.   

Le moment en devient spirituel, transcendant, jubilatoire, je commence à me demander combien me coûtera la location de tout ce matériel pour mon mariage.

 

2h plus tard, on remonte livides, on redécouvre la salle principale reconvertie en chill out de qualité, transat de sortie, ambiance posée, ça fume à volonté, on décide de s’y attarder. Il faut dire qu’une bonne partie des troupes avait perdu la partie, la lumière avait été éteinte par une dizaine de cables RCA branchés sur trop de kilowatt dans une salle trop petite pour le commun des clubbers.

On redescend plusieurs fois prendre une dose quasi léthale d’Irration Steppas avant de finir vers 5h du matin dans la seconde salle où était annoncé le début du concert de Dub in VO vs Dubmatix. Une fois les 2 3 mecs dormant dans l’escalier enjambés on rentre rapidement dans l’ambiance d’autant qu’ils nous gratifient rapidement d’une belle reprise de guns of brixton qui nous poussera finalement jusqu’à la fermeture.

 

On repasse donc devant l’armée de cadavres affalée dans les transats de la grande salle, on quitte les lieux, on rentre chez nous, il est 7h, on est heureux.